Il fallait bien que je le goûte un jour pour savoir de quoi je parle même si il doit en exister d’autres styles, j’ai donc acheté une bouteille pour découvrir.
Celui ci vient d’Espagne titrant 9,5° stipulant sur l’étiquette cépage chardonnay.

Tout ce qui suit n’engage que mon palais, sans aucun jugement de ma part , juste un ressenti.

Tout cela reste très subjectif…

Dégustation dans un Zalto. Pourquoi?
Offre une grande précision olfactive et gustative.

Un nez très aguicheur dominé par la pêche de vigne mais qui fait un peu artifice. Cela me fait penser au nez de Passoa ou de Safari (des liqueurs que l’on utilise dans les bars à cocktails) et si je pousse  le bouchon un peu loin….les chewing-gum Hollywood à la pêche que je mangeait dans ma jeunesse.
Cet aromatique est soutenu par une chaleur brûlante  rappelant l’alcool éthylique. Pour en être persuadé , je suis allez dans ma salle de bain chercher dans mon meuble à pharmacie du Septeal (alcool éthylique à 95°) . Un fond de Septeal dans le Zalto et un fond de ce cocktail bleu dans un autre Zalto. Conclusion même sensation de chaleur brûlante sauf qu’avec le cocktail bleu c’est atténué par l’aromatique et la température de service (température de réfrigérateur 4 à 5°).
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L’attaque en bouche est plutôt agréable, voir délicate évoluant vers une légère suavité (sucre) laissant apparaître cette aromatique aguicheur et ce volume brûlant.
Il s’essouffle très rapidement pour laisser place à une finale râpeuse.

Je le trouve plus agréable et plus amusant à le regarder qu’à le déguster mais encore une fois cela n’engage que moi .Et après l’avoir bu, vous aurez un cadeau souvenir… Du tout simplement au bleu brillant(comme indiqué sur l’étiquette). Il est utilisé en agroalimentaire comme colorant alimentaire (numéro E133). Il est notamment utilisé dans les confiseries “langue bleue” : c’est lui qui colore la langue du consommateur en bleu vif et est également utilisé dans le curaçao. Mieux encore , un  excès vous fera uriner bleu !

Essayons d’aller comprendre comment peut naître ce “vin bleu”

Nature ou chimie… 

Un vin bleu, à la couleur obtenue “naturellement” grâce à une macération supplémentaire d’un Chardonnay blanc dans des peaux de raisin noir. C’est la promesse d’un importateur de vin basé à Sète pour commercialiser son vin bleu venu d’Andalousie, en Espagne. Trop beau pour être vrai ? Sciences et Avenir s’est entretenu avec plusieurs scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), qui émettent des doutes quant à la possibilité d’obtenir du vin bleu par ce procédé sans devoir ajouter d’autres produits.

À l’antenne de France Bleu Hérault, le Sètois expliquait que son vin ne contient “aucun produit ni sucre ajouté, c’est à 100% du Chardonnay. Ils le passent dans de la peau de raisin rouge. Or dedans il y a un bleu, l’anthocyane”, a avancé l’entrepreneur, expliquant la couleur bleue du vin importé d’Espagne par cette étape supplémentaire réutilisant des peaux de raisin noir. Une explication trop simple qui ne tient pas compte de la sensibilité des anthocyanes à l’acidité du milieu… et laisse entier le mystère de la fabrication de ce vin.

 

Un procédé de fabrication mystérieux
Est-ce à dire que la belle couleur turquoise du vin ne peut trouver d’origine naturelle ? La question est posée…. sans aujourd’hui de réponse claire. “Je ne vois pas comment l’apport d’anthocyanes extraites du marc de raisin rouge peut rendre ce vin bleu. Même si l’on a déjà réussi à isoler en laboratoire des pigments dérivés d’anthocyanes qui présentent une couleur bleue en milieu acide, ces derniers sont présents en quantités infimes dans les marcs et les vins”, développe la directrice de recherches. “Par ailleurs, cela reviendrait à ajouter du marc de vin rouge à un vin blanc, ce qui est interdit… même pour du vin rosé !”, précise Jean-Louis Escudier.

Ne restent alors que deux hypothèses : celle de l’ajout d’un autre pigment bleu, non mentionné sur l’étiquette… ou alors l’alcalinisation du vin à un pH supérieur à 7… ce qui semble risqué.

Un vin coloré en bleu peut-il être vendu pour du vin ?

Au-delà des règles de la chimie, se pose alors un autre débat, d’ordre œnologique : du vin bleu est-il encore du vin * ?

Les additifs qui affectent la couleur du vin sont ainsi soumis à une législation très stricte. Le code international stipule que toute boisson contenant un autre colorant que du caramel ou les colorants rouge et jaune (qui sont autorisés pour les “vins aromatisés”, mais pas pour le vin, voir II.6.4-6 du codex oenologique) ne peut être vendu en tant que vin, mais seulement en tant que “boisson à base de vin” ou “boisson à base de produit vitivinicole”, catégories les plus larges.

ESPAGNE. La polémique a en fait précédé en Espagne, où un “vin bleu” est apparu courant 2015, avec le vin basque “Gik”, qui devait sa couleur bleue aux anthocyanes… mais aussi à des pigments d’indigotine (E132). Des supermarchés français, ayant importé le produit, ont fini par le retirer des rayons. Après une enquête de la répression des fraudes espagnoles, il a été exigé de la société qu’elle cesse de vendre sa boisson pour du “vin bleu”. La raison : l’appellation “vin bleu” n’est pas indiquée parmi les 17 catégories de vin reconnues par l’UE. La société a riposté en indiquant “99% vin” sur l’étiquette décrivant la composition de la boisson, désormais vendue comme “boisson à base de vin.”

Le vin est d’abord défini par son processus d’élaboration”, rappelle Jean-Louis Escudier. Car n’importe quel produit ne peut être vendu en tant que vin au motif qu’il est conçu au départ à partir de raisin : il doit être conçu selon un ensemble de méthodes rigoureusement codifiées. “Le vin est le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais ou du moût de raisins. Son titre alcoométrique acquis ne peut être inférieur à 8,5%”, détaille l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

Article de sciences et avenir.

Et il existe le vin bleu Corse…

Imajyne, un vin bleu, made in Corsica

En Corse un autre vin, nommé Imajyne, s’est déjà fait une place dans les restaurants de l’Ile de Beauté depuis 2017.

L’étiquette est signée du célèbre dessinateur Enki Bilal et son nom reprend les initiales de celui qui l’a imaginé, Jean-Yves Milanini Auriol, le clin d’œil à John Lennon en plus.

Le vigneron a lancé la production de ce vin bleu corse en août 2017, comme une expérience menée sur les coteaux exposés à la mer du domaine familial de Figari, en Corse du Sud.

Vendangé la nuit, pressé à froid, le Vermentinu Cépage blanc est assemblé au domaine Pozzo di Mastri, fruit de nombreuses étapes techniques.

“vin de la mer”

Algues, minéraux et végétaux

« Nous vinifions à base d’algues, de minéraux et de végétaux. Les algues, les minéraux et les végétaux nous permettent de diminuer au maximum les sulfites et par le plus grand des hasards, on a eu une couleur particulière qui n’était pas voulue. Notre vin est sorti bleu », relate Sylvain Milanini.

Ce bleu, apparu lors d’une expérimentation menée  dans l’auberge familial de Figari a séduit les deux frères Milanini. Ils  ont suivi le même processus pour leur deuxième récolte  y compris un lavage à l’eau de mer, essentiel pour le goût.

« Cette eau vient des plages de Figari, de la teste, notre plage d’enfance. Elle est très pure. L’eau de mer exauce le goût du fruit », précise Bruno Milanini, créateur d’Imajyne.

Le domaine produit 40 000 bouteilles par an et peine à répondre à une demande croissante.
Car ce vin “haut de gamme”, distribué dans les bons restaurants insulaires, vise le marché américain, Dubaï et la Chine.

Un secret très bien gardé : avant d’être vendu 29 euros la bouteille, ce vin bleu aura passé six mois dans une grotte au fond de la baie de Roccapina. A l’abri de la lumière, de la chaleur et des regards.

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Maintenant vous savez tout sur le vin bleu enfin presque…