Les vins oranges ou de macération ?

Vin orange est l’expression la plus employée, à tort je pense, car certains de ces vins ne sont pas orange du tout.

Ils ressemblent à n’importe quel blanc.Je préfère vin de macération, insistant sur la technique.

Comme pour les rouges et les rosés, le jus de cépages blancs est mis en contact avec les peaux, pour une durée et dans des contenants variables.

Certains ont peu de couleur, les macérations sont faites avec peu ou pas de contact avec l’oxygène ; le soufre peut aussi être employé : la coloration du vin devient subtile.

En revanche, le plus important, la matière tannique est extraite des peaux, des pépins et parfois des rafles lors de leur macération.

On associe aussi ces vins aux mouvements des vins “nature” et surtout aux vins en amphores, et ils sont perçus comme un nouveau phénomène.

Rendons à César ce qui lui appartient : tous ne sont pas faits en amphores, même si la Géorgie, pays matriciel des vins de macération, utilise traditionnellement des qvevri, ou amphores enterrées.

Toutes les viticultures peuvent les produire, même s’il est vrai que leur stabilité permet moins d’intrants et que ce courant prend d’avantage sa source chez les “bio” et biodynamistes.

Ces vins sont millénaires. Redécouverts dans le Frioul par Josko Gravner à la fin des années 90, ils ont rapidement reconquis l’Italie, puis l’Europe et le monde.

 Même si l’on trouve désormais des vins oranges plus consensuels, plus faciles d’accès, la catégorie reste le terrain de chasse des amateurs aventureux,

prêts à se mesurer à des tannicités fortes, des acidités volatiles souvent puissantes et des gammes aromatiques sauvageonnes.